Le roi Charles III et la reine Camilla au Kenya : une visite d'État entre Histoire et réconciliation

Le Kenya se prépare à accueillir prochainement le couple royal britannique pour une visite d'État. Ce déplacement historique, le premier du Roi Charles III en tant que monarque du Commonwealth, sera l’occasion pour le souverain de se pencher les relations passées entre le Royaume-Uni et son ancienne colonie.

 

Le programme de la visite

Le roi Charles III et la reine Camilla se préparent pour une visite d'État au Kenya, un déplacement historique qui coïncide avec le 60e anniversaire de l'indépendance du Kenya, marqué par un processus de décolonisation très violent. Ce voyage, du 31 octobre au 3 novembre, est particulièrement significatif car c'est la première fois que le roi Charles effectuera un voyage dans un pays du Commonwealth depuis son couronnement. 

Lors de leur séjour, le roi et la reine rencontreront le couple présidentiel kenyan, ainsi que des représentants des Nations unies, des leaders religieux, des personnalités et des jeunes issus de la société civile. Cette visite sera l'occasion pour le roi Charles III de se confronter aux chapitres controversés de leur histoire commune. La colonisation du Kenya, initiée à la fin du XIXe siècle par des personnalités telles que Lord Chomondeley, a été marquée par la domination blanche, la discrimination raciale et la répression des principales ethnies du pays, notamment celle des Kikuyus.

 

Une visite historique et diplomatique

Les années 1950 ont été témoins de la rébellion sanglante des Mau-Mau, un mouvement de résistance contre l’administration coloniale. La répression mise en place durant cette décennie continue de peser encore sur les relations entre les deux pays. L'opération Anvil déclenchée par l'Empire britannique a entraîné des pertes humaines massives, avec plus de 100 000 personnes tuées et des milliers d'autres soumises à la torture et à des mutilations diverses au sein de camps de concentration érigés par les Britanniques, selon les estimations de la Commission kenyane des droits de l'homme. Ce que récuse Londres qui se contente d’évoquer un chiffre de 10 000 victimes. En 2013, après de longues négociations, le gouvernement britannique a finalement accepté de verser des compensations à 5 228 Kenyans pour les violations des droits de l'homme recensés durant cette période sombre, exprimant des regrets sincères pour les abus commis. 

Cette visite offre l'opportunité au roi Charles III de témoigner de son empathie envers le peuple kenyan et de reconnaître les souffrances endurées pendant cette époque difficile. Les espoirs sont d’ailleurs grands parmi les Kenyans. Dont Evelyn Wanjugu Kimathi, qui espère que cette visite ouvrira la voie à un avenir plus harmonieux entre les deux pays. « Nous espérons qu'il présentera des excuses officielles » a déclaré cette fille d'un ancien dirigeant du soulèvement Mau Mau.

Le programme royal comprend également des déplacements dans les régions de la capitale Nairobi et de Mombasa au sud du pays. Cette visite, selon le communiqué du palais de Buckingham a été élaboré afin de mettre en lumière la collaboration entre le Kenya et le Royaume-Uni dans des domaines tels que la prospérité économique, la lutte contre le changement climatique, la promotion des opportunités pour les jeunes, la création d'emplois, et le développement durable, visant à créer une région plus stable et plus sûre.

D’après les informations distillées, le roi Charles III ne devrait pas se rendre à l'hôtel Treetops. C’est dans ce lodge le 6 février 1952 que sa mère, la reine Elizabeth II, a appris la mort du roi George VI et a débuté son règne de soixante-dix ans, le plus long de l’histoire de la monarchie britannique.